Etude anthropologique du peuple pipotiste grinobloa.
Les spécimens de Science Po Grenoble
-Anarchistes-révolutionnaires-utopistes-éternel insatisfait : par rapport à son compatriote dresseur d’ours, il privilégie la sobriété, préférant un petit chapeau noir (pas marron, car cela rappelle trop Indiana Jones, la société de consommation etc…). Il marque souvent des slogans accrocheurs sur toutes ses affaires, des phrases chocs (« la guerre c’est pas bien », « vive l’autogestion » , « IEP autogéré !! »). Sa couleur préférée est le rouge. Il est souvent intolérant, ultra-giga-méga-anticapitaliste, antirépublicain, rebelle…(mais préfère quand même assurer son avenir en venant en cours) . Ah oui et il sent mauvais des fois aussi. (le savon du commerce équitable est bien mais pas top)
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Folklo : il/elle (plus souvent « elle » ) écoute de la musique world, mais rien de jamaïcain, plutôt tout ce qui vient des pays de l’Est. Il/elle fait de la musique, mais ne joue pas de n’importe quel instrument, les instru tradi sont privilégiés.Niveau cinéma, il/elle est pour « l’éclectisme » (rien à voir avec le saut en longueur) : il/elle ne jure que par le cinéma d’art et d’essai, ces films bulgares cultes sous-titrés en tchèque (chacun ses petites faiblesses). Mange bio (voire végétarien quand le folklo est fauché).
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Bobo : cette catégorie peut se subdiviser en sous-catégories : - Le « bobo hype » : il se situe principalement en région parisienne mais surtout rive gauche. Il a atterri à pipo Gre après une année de prépa spéciale pipo Paris et un échec au concours (de très peu). Super frustré. Il parle en franglais et trouve que le concept de bobo en lui-même est déjà dépassé. Il sort dans des boites « lounge » (où on s’« allounge »,selon l’expression du grand sociologue G. Elmaleh). Adopte la « no marque » attitude[1], et aime les pauvres, parce qu’ils peuvent vivre tranquille sans se soucier des problèmes d’argent. Disciple de la gauche caviar. Veut absolument se différencier du beauf et se croit unique.
- Le bobo « lambda » : il/elle lit ELLE, écoute France Inter, lit Rock and Folk, les Inrocks ou feuillette L’express Mag. Il/elle aime la chanson française à texte, les derniers groupes anglais à la mode. Souvent déprimé voire dépressif. Il achète bio chez Carrefour pour se donner bonne conscience, mais le vrai chocolat noir à la framboise de chez Lindt est meilleur quand même. Il/elle suit les tendances de la mode sans trop forcer non plus (se reporter à la catégorie suivante). Bref, il s’agit plus d’un/une Bobo (faussement) « intello », qui n’a tout de même pas le courage de regarder Arte. Il est de gauche par tradition familiale, sans trop se poser de questions.
- BCBG : de vifs débats ont longtemps animés les discussions des sociologues les plus prestigieux : doit-on considérer les BCBG comme une catégorie à part ou faut-il considérer ce groupe comme faisant partie intégrante des bobos ?Nous suivrons ici l’idée du sociologue Alain Bourdel[2], qui s’est récemment intéressé à ce sujet. De part la diversité de la catégorie des BCBG, il apparaît plus pertinent de la considérer comme un groupe à part entière, suffisamment dense pour pouvoir être étudier en profondeur. - Le BCBG catho/UMP : reconnaissable à ses allures de famille Duquesnois. Il porte le pantalon en lin l’été, qu’il possède en différentes couleurs afin de ne jamais se trouver dépourvu quand la soirée bénévolat de la paroisse doit venir. Il l’accorde à une charmant polo assorti mais un ton en dessous avec ses mocassins ou ses chaussures bateau qu’il doit racheter chaque année à La baule parce qu’il les abîme en faisant de la voile. Elle se vêtit d’une jupe coupée juste en dessous du genoux, qu’elle échange pour un petit bermuda (c’est son coté féministe).Sinon, c’est le même polo que monsieur mais en plus petit. Sa coiffure est toute simple : cheveux attaché derrière la nuque par une barrette ou le carré parfait agrémenté d’un charmant serre-tète. Les enfants sont des copies des parents en miniature. Ostensiblement de droite. Se plaint des impôts trop lourds et de la dégénérescence de la jeunesse. Parfois des origines aristo et un nom à particule.
- Le BCBG Fashion : voilà un groupe particulièrement intéressant, celui que nous avons le plus de chance de croiser toute la journée au sein de notre « grande maison ». Nous le/la connaissons tous. En effet, il se fait aisément remarquer par sa grande gueule et sa volonté d’appartenir au « groupeu », à l’élite science po : le sacro-saint Bureau Des Elèves.(BDE). Lui adopte la BCBG catho/UMP attitude en la modernisant quelque peu : la chemisette remplace le polo, voire même un polo Eden Park avec le col relevé, fashion ultime. Dernières Puma à la mode, et pull qui se pose négligemment sur les épaule, la chevelure est folle, mais propre. Elle adhère au BDE pour pouvoir sortir avec ses copines du parti, pardon du clan en toute gratuité, à condition de boire 5 bouteilles de Ricard et de porter un décolleté avantageux. Autant dire que les moches et farouches ont peu de chance de se hisser à la tête de ce petit groupe. Il/elle se repassent les photos de leur dernière soirée en boucle (monté en diaporama PowerPoint sur fond de musique techno), planifie déjà leurs prochains achats de fringues pour la prochaine sortie « culturelle ». Se dit de gauche pour coller à l’esprit de la Maison, mais ce groupe cache parfois de fervents UMPistes ou des sarkozystes qui ont peur d’assumer leurs positions (le groupe des alter-révolutionnaires-gaucho-utopiste étant assez conséquent et violent). Il/elle adopte un ton de beauf : « bouge ton corps » (décliné dans un anglais so perfect « move your body »). Ecoute de la house. Vit pour et par le groupe.
Notons qu’il s’agit ici de l’élite du BDE, il existe bien entendu d’autres membres caractéristiques.
- Le BDiste-Beauf : bien loin de l’élite, il est pourtant la substance même du BDE, son oxygène, son prolétariat sans lequel l’élite BDiste ne pourrait vivre et accomplir son dessein (réussir la prochaine soirée au Sono). Il (le plus souvent) est aussi de toutes les sorties et n’hésite pas à troquer sa panoplie science po pour le moindre déguisement, la moindre perruque ridicule et se donne en spectacle à chaque pause d’amphi devant un parterre de premières année en furie (particulièrement féminin). Il ne vit que pour la teuf et le fait savoir à ses congénères le lendemain matin (haleine fétide et récit détaillé de ses conquêtes, voire même, pour les plus fougueux, critique engagée du DJ de la veille)
- Les inclassables : difficile de ne pas les remarquer, ils n’appartiennent à aucune catégorie et se déplacent généralement…seuls. Souvent maladroits, ils cumulent les retards, les entrés remarquées en amphi en plein exam. Leur style vestimentaire ne répond à aucun critère, ne suit aucun style particulier si ce n’est celui indiqué par leur maman. La polaire trouve place parmi les t-shirts de sport, le jean sans forme et les sempiternelles baskets achetées pour faire EPS au collège.
- Les éternels premiers de la classe : jamais soumis aux appels du jmenfoutisme et du radiateur du fond de la salle, il est toujours dans les premiers rangs (au risque de frôler l’accident cardiaque en voyant Dereymez de près ou de se doucher avec les postillons de JPB). Toujours pleins de questions à poser sur les problèmes du monde et toujours volontaire pour faire les travaux en plus ou que ceux qui roupillent au fond de la salle ne feront jamais : aller au tableau, chercher les poly, répondre au prof. Très actif dans les débats. Fait ses exposés en groupe tout seul, il ne fait confiance qu’en lui même. Sait tous ses cours par cœur et cartonne aux partiels. Côté vestimentaire, il se rapproche du groupe des inclassables : il se préoccupe peu de son look, le tout est d’être sûr d’avoir bien compris et ingurgité l’alinéa b) du grand C de la première partie de la section 6 du chapitre 92 de droit constit’. Porte souvent un appareil dentaire récalcitrant.
- Les anticonformistes : Définition très ardue. Le terme de « groupe » est inadapté, il refuse tout assimilation à un collectif et toute étiquette. Il refuse en effet de se considérer comme anticonformiste, car c’est pour lui un conformisme. Paria dans tous les domaines, il n’est jamais satisfait et assez élitiste. Il ne vit pas vraiment dans le présent et s’intéresse peu aux problèmes du monde qui torturent les esprits des étudiants de sce po. Il préfère la philo et les questions métaphysiques au droit public et à l’économie politique. Côté musique, il a des goûts assez décalés : comme le dresseur d’ours ou le « cool », et le folklo, il écoute de la musique world mais des groupes que personne ne connaît sauf lui (du moins il le croit). De même pour le cinéma, où il se rapproche du folklo. Apprécie particulièrement tout ce qui n’est pas « in » : vieux films, vieille zic, chanteurs et chanteuses morts depuis des lustres. Il se dit apolitique et veut fuir son pays, refusant de croire que ce n’est pas mieux ailleurs. Unanimement considéré comme prise de tête. Il vénère le culte de l’inutile et combat le dieu Utilité qui règne sur les couloirs de la Maison. Critique tout ce qui bouge, s’énerve facilement.
Vous l’avez remarqué, l’univers science po est un monde hétéroclite, une véritable jungle où cohabitent des peuples divers qui se croisent sans chercher à se comprendre (et tant mieux)...
[1] Exception faite des nombreuse femelles adeptes des sacs Longchamp et des Converse de différentes couleurs.
[2] Alain Bourdel est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet dont « je ne suis ni Durkheim ni Bourdieu mais moi aussi je sais dire des banalités sous des termes compliqués pour avoir l’air intelligent », Presses de science po,2005
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