Le Comptoir

Pilier de bar

La propagande de Mulot: PlanB, journal de critique des médias et d'enquête sociales, 2 modiques euros chez les bons marchands de journaux, et un site: www.leplanb.org. Mulot aime, cautionne, adhère, et recommande! Voir aussi l'excellent Fakir du camarade Ruffin, en version électronique:www.fakirpresse.info. (VIVA LA Rééévoloussion' !)

Recommander

Mardi 1 août 2006 2 01 /08 /Août /2006 09:37
 Voilà le première épisode de l'étude sur le capitalisme version Mc Donald's, effectué après un mois d'esclavage dans la firme. L'étude s'étant révélée finalement assez longue(6 parties), je la publierai progressivement. Je tiens à préciser que toutes les citations sont véridiques, et j'en remercie les auteurs qui font avancer la recherche sans le savoir (quel dévouement...).

Incursion sous les arches dorées du grand K.(étude cathartique d’une équipière polyvalente chez Mc Donald’s): PARTIE 1

 

1)aux pieds de l’arche : un jeu bien étrange.   

 

 

« Je connais un monde où la différence est une richesse, où chacun s’entraide, où tout le monde est heureux et a le sourire… ce monde, c’est Mc Donald’sÒ. Allons nous amuser. » : vidéo d’accueil et d’intégration du nouvel équipier. Le capitalisme, un jeu ? Raccourci courant mais qui devient ici absurde, car dans ce jeu où nous allons nous amuser justement, il n’y aurait pas de perdants, ni de différences entre les individus. Le propre d’un jeu n’est il pas de désigner un vainqueur… et des perdants ? Jeu étrange alors, sans véritable enjeu car personne, voire tout le monde gagne. Enfin, plutôt, personne ne perd, où l’égalité règne. La vidéo précise en effet que l’usage du masculin pour désigner l’équipier est nullement discriminatoire, le choix ayant été guidé par des raisons pratiques, afin de ne pas perdre de temps (ou d’en gagner ? Perdre et Gagner sont décidément d’une proximité déroutante…). Le temps, notion, concept, terme essentiel. Même le grand Temps (l’histoire) est présent  dans la présentation de l’enseigne : quelques dates phares sont judicieusement associées aux événements historique : la chute du Mur et l’apparition des salades Mc doÒ pour cibler la clientèle féminine, le préservatif à 1 franc et le Big Mac, puis les incursions de la firme dans l’ex-glacis soviétique… Bref, RonaldÒ devrait figurer dans les manuels d’histoire. Mika augmente le son, il adore le passage où tout le monde est heureux et souriant, la fin en apothéose. Chemise bleue, « manager swing », il « a eut de la chance ». Pourquoi ? « Parce que c’est dur d’évoluer ici, la promotion interne se base sur le mérite ». Mais mérite et chance, ne sont-ce pas deux notions différentes ? Contrairement au mérite, la chance est aléatoire et donc injuste, quoiqu’en dise nostre gouvernement et sa sacro-sainte égalité des chances[1]. Donc si tu as eu de la chance d’en arriver là (de te pavaner avec ta chemise bleu ciel dans les vapeurs de frites) tu ne l’as pas mérité, et tu es un arriviste… Ce jeu sans perdants générerait il des arrivistes ? Dans ce cas là, il générerait nécessairement des perdants aussi, les non-arrivistes qui n’évoluent pas grâce à la « chance »…



[1] Voir du même auteur, La langue du Héron expliquée à la France du sous-sol, manifeste pour une Révolution des fourmis, mars 2OO6, éditions Hasta Siempre.

 ...à suivre!

Par Mulot - Publié dans : sociologiedecomptoir
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus