Lundi 12 mars 2007
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« Fâââmme », voilà le premier mot que grésille matinalement mon poste de radio en ce jeudi 8 mars 2007. Ce n’est que le début de la journée de la bonne conscience, de l’hypocrite commisération envers la place faite à l’individu femelle dans la coquille des droits de l’homme. Une journée pour « célébrer » la femelle, et chouiner sur la lente évolution des mœurs. Une journée pour brailler « fâââmme » partout, et pour pouvoir les laisser se taire le lendemain et les 364 jours suivants. Une journée pour distinguer l’individu femelle… au nom de la lutte pour la parité ? Distinction au service d’égalisation… Contradiction ! Arpentant le bitume, j’ignorais ma singularité criante jusqu’à ce qu’une jeune demoiselle me tende ce même matin une rose cellophanée en l’honneur du Jour et de ma Condition. Refus poli suscitant la surprise de l’offrante oeuvrant à la différenciation. Anticonformisme mulotien, évidemment. Mais pas que. Même plutôt conformisme. Et surtout refus de cette différenciation, de porter ce signe distinctif qui ne sert aucunement une hypothétique marche vers l’égalisation. Souligner la différence, signer l’infériorité, cela creuse le gouffre que l’on veut louablement dénoncer. L’individu femelle ainsi affublé d’une rose est plus aisément repérable, peut être (la norme veut que la femelle aime les fleurs.) En tout cas l’individu est distingué. Et la distinction éloigne de l’universel et de l’égalisation. A moins que le Jardin des Fleurs[1] œuvre pour le compte du PS, cette opération – et plus largement cette célébration dégoulinante d’hypocrisie- creuse la logique de la différenciation au service d’une Cause qui la combat. Mignonne, laisse tomber ta rose, ton combat a une autre senteur… Celle d’une hypocrisie puante qui fait une fois l’an compter sur ses doigts avec application (en France, le nombre de femmes maires (10,9%), le nombre de femmes conseillers généraux (10,4%), le nombre de femmes députés (12, 3%), le nombres de femmes sénateurs (16,9%), etc.)[2], pour s’apitoyer sur la lenteur de l’évolution de la condition du sexe faible. Car ce n’est pas en l’affublant d’une fleur qu’il apparaîtra plus fort. Mais demain, au moins, on le laissera tranquille.
[1] A l’origine de l’opération dans le centre ville de Grignoble
[2] A voir aussi l’excellent article du dernier Plan B sur l’hypocrisie du PPA concernant la place des femmes dans les médias, celui ci les exaltant une fois l’an, sans jamais se fouler pour leur donner véritablement la parole le reste du temps.
Par Mulot
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Publié dans : sociologiedecomptoir
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