Mardi 22 mai 2007
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En guise de discrète reprise des sessions de socio de comptoir après quelques mois de jachère sociologique, encore un article aux douces saveurs centristes…Après avoir clamé dans ces colonnes le droit à la non-opinion, non au nom du désintéressement, mais au contraire de l’intérêt neutre, global… et désintéressé (cf L’Opinion taillée à l’opinel), le Mulot revient maladroitement sur le terrain miné de la sacro-sainte opinion,
encore, et toujours.
La Gaule a succombé a ses pulsions primaires et s’est donnée à Naboléon. Les prémices de 2002 ne pouvaient laisser indifférent. Et cette date sonnait comme un avertissement. Il était d’ailleurs devenu coutumier d’évoquer « le séisme du 21 avril ». Comme le 11 septembre pour les mangeurs de Cookies, plus besoin de préciser l’année. Un référent national. Elément de cette fameuse identité nationale dont se gaussent nos puissants ? Tout comme cet attrait gaulois pour l’Homme, le Sauveur. On peut moquer ces veaux, à la manière du général. Les mépriser, ces victimes du vilain complot médiatique (cf les ayatollahs du complot médiatique). Se résigner et se blottir dans le douillet refuge de l’indifférence. Guère contraignant, tout comme le suivisme d’une opinion (cf l’opinion taillée à l’opinel), car l’indifférence n’est pas non-opinion, « inopinion ». Elle est bel et bien opination, acquiescement à l’impuissance. La puissance ne réside certes pas dans le vote, outil de l’élection, endossement de l’opinion d’un autre. Mais elle ne peut certainement pas se passer d’une conscience, que la croyance en un complot médiatique détourne et anéantit. Et que les ambitions du Naboléon menacent fortement. On peut rire de la mise en scène hollywoodienne de la vie de couple tumultueuse du Prince, et de ses efforts pour en contrôler la représentation (à défaut d’en avoir la maîtrise réelle). Tant pis pour Genestar. On se moque ? Un peu moins depuis que la Gaule s’est donnée à un Prince qui peut maîtriser les rênes de ses sources d’information, tendant à nier toute construction d’une conscience. Et celle-ci ne peut se construire dans l’opinion, dans l’opposition systématique ou la tentation de l’indifférence, et en somme la docilité. Conscience dans le biaisement probable de ce que l’on se laisse apprendre, mais refus d’être docile justement, de se laisser apprendre ou de croire en une désinformation généralisée.
« Cherchez, vous ne trouverez point. Demandez, on vous enverra chier. » (Jan Zabrana)
Par Mulot
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Publié dans : sociologiedecomptoir
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