Le Comptoir

Pilier de bar

La propagande de Mulot: PlanB, journal de critique des médias et d'enquête sociales, 2 modiques euros chez les bons marchands de journaux, et un site: www.leplanb.org. Mulot aime, cautionne, adhère, et recommande! Voir aussi l'excellent Fakir du camarade Ruffin, en version électronique:www.fakirpresse.info. (VIVA LA Rééévoloussion' !)

Recommander

sociologiedecomptoir

Dimanche 19 août 2007 7 19 /08 /Août /2007 15:36

...qu'il y ait des personnes qui vivent au crochet de l'Etat, ces parasites, profiteurs de la moindre aide sociale ??qu'on empêche les GENS de se lever plus tôt pour travailler plus et donc gagner plus?que la gauche ne fasse que râler sans rien proposer alors qu'à droite,on propose au moins, on fait avancer?qu'on engage des maçons polonais plutôt que des maçons français? que des étrangers profitent du système français, de notre Etat providence et refusent de s'intégrer? que des riches existent et exploitent des pauvres? "......qu'un président soit sponsorisé par Prada et Nike?que des ministres vivent dans de beaux appartements de fonction aux frais de marianne?qu'un jardinier au sénat soit mieux payé qu'un juge d'instruction?et merde..encore 5 ans

 

PS: merci à toi public, bref, à toi unique visiteur presque anonyme.

Par K'store - Publié dans : sociologiedecomptoir
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mardi 29 mai 2007 2 29 /05 /Mai /2007 10:57
               Force est de constater que, depuis le couronnement de Nicolas S., le temps est de plus en plus gris, l’air de plus en plus froid et les vieux de plus en plus présents.
Ce constat frappa notre esprit au gré d’une récente enquête de terrain. En effet, il semblerait que les vieux n’aient plus peur de sortir, se sentant peut être plus en sécurité depuis quelques temps. Cela serait-il dû à un déploiement massif des forces de l’ordre ?ou à un soulagement en pensant que Mireille Mathieu reçoit enfin les honneurs qu’elle mérite (c’est-à-dire briser les tympans en chantant en boucle une marseillaise chevrotante) ?
Une conjecture sociologique de comptoir s’impose.
Les jeunes ne représentent plus qu’une minorité. Les vieux, majoritaires, occuperont peu à peu tous les espaces publics, amenant les urbanistes à repenser l’aménagement du territoire. Adieu escalier qui permettait au djeune de gagner du temps et à la jeune bobo de faire du sport en montant les marches le pied posé à plat. L’espace se mécanisera peu à peu pour faciliter l’accès aux déambulateurs et prothèses en tout genre.
Mais, selon la théorie des vases communiquant, si un secteur se modernise, se mécanise, c’est au détriment d’un autre secteur. Haha !c’est peut être la dernière fois que vous utilisez Internet, un ordinateur, un lecteur MP3….et oui, nul besoin d’enquête de terrain pour saisir toute la complexité que représente le monde informatique aux yeux des vieux. Vive la machine à écrire et le mange disque ! Les vieux ne se sentiront plus obligés de se mettre aux nouvelles technologies pour impressionner leurs petits enfants, ils les tortureront désormais, se jouant de leur incapacité à compter de tête et à dactylographier.
Adieur Euro, signe de modernité, mais de casse tête de vieux. Bonjour Ancien Franc !
Bientôt les boutiques pour jeunes fermeront laissant place à des magasins d’usine de couches Confiance©.
Comment penser qu’une culture jeune peut subsister dans un monde de droite de vieux ?
Et dire qu’un jour je serai un vieux Castor. Espérons que d’ici là, la gauche modernité revienne pour m’éviter de construire mes barrages à pattes nues.
 
Par Castor - Publié dans : sociologiedecomptoir
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 22 mai 2007 2 22 /05 /Mai /2007 17:09
 
 
En guise de discrète reprise des sessions de socio de comptoir après quelques mois de jachère sociologique, encore un article aux douces saveurs centristes…Après avoir clamé dans ces colonnes le droit à la non-opinion, non au nom du désintéressement, mais au contraire de l’intérêt neutre, global… et désintéressé (cf L’Opinion taillée à l’opinel), le Mulot revient maladroitement sur le terrain miné de la sacro-sainte opinion, encore, et toujours.
 
 
La Gaule a succombé a ses pulsions primaires et s’est donnée à Naboléon. Les prémices de 2002 ne pouvaient laisser indifférent. Et cette date sonnait comme un avertissement. Il était d’ailleurs devenu coutumier d’évoquer « le séisme du 21 avril ». Comme le 11 septembre pour les mangeurs de Cookies, plus besoin de préciser l’année. Un référent national. Elément de cette fameuse identité nationale dont se gaussent nos puissants ? Tout comme cet attrait gaulois pour l’Homme, le Sauveur. On peut moquer ces veaux, à la manière du général. Les mépriser, ces victimes du vilain complot médiatique (cf les ayatollahs du complot médiatique). Se résigner et se blottir dans le douillet refuge de l’indifférence. Guère contraignant, tout comme le suivisme d’une opinion (cf l’opinion taillée à l’opinel), car l’indifférence n’est pas non-opinion, « inopinion ». Elle est bel et bien opination, acquiescement à l’impuissance. La puissance ne réside certes pas dans le vote, outil de l’élection, endossement de l’opinion d’un autre. Mais elle ne peut certainement pas se passer d’une conscience, que la croyance en un complot médiatique détourne et anéantit. Et que les ambitions du Naboléon menacent fortement. On peut rire de la mise en scène hollywoodienne de la vie de couple tumultueuse du Prince, et de ses efforts pour en contrôler la représentation (à défaut d’en avoir la maîtrise réelle). Tant pis pour Genestar. On se moque ? Un peu moins depuis que la Gaule s’est donnée à un Prince qui peut maîtriser les rênes de ses sources d’information, tendant à nier toute construction d’une conscience. Et celle-ci ne peut se construire dans l’opinion, dans l’opposition systématique ou la tentation de l’indifférence, et en somme la docilité. Conscience dans le biaisement probable de ce que l’on se laisse apprendre, mais refus d’être docile justement, de se laisser apprendre ou de croire en une désinformation généralisée.
 « Cherchez, vous ne trouverez point. Demandez, on vous enverra chier. » (Jan Zabrana)
 
Par Mulot - Publié dans : sociologiedecomptoir
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 12 mars 2007 1 12 /03 /Mars /2007 15:25

... certaines en font meme des livres... (cf L'univers Mc Donald's de l'intérieur. Partie 1.)

"Tout au long de cet ouvrage, l'auteur va disséquer l'organisation interne et le processus d'incorporation des salariés à l'entreprise. L'analyse devient, en fin d'ouvrage, ardue lorsqu'elle propose des explications sociopsychologiques de ces « correspondances psycho-organisationnelles » entre le système McDo et la structure psychique des salariés… " (la suite sur: http://www.cndp.fr/RevueDEES/notelecture/200603-07.htm)

voir aussi: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-881443,0.html

Mais, Khrass, mulot oeuvre gratuitement pour la science, et la sociologie de comptoir ne se convertira jamais au capitalisme! hasta Durkheim siempre!

 

Par Mulot - Publié dans : sociologiedecomptoir
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 12 mars 2007 1 12 /03 /Mars /2007 15:10
 
« Fâââmme », voilà le premier mot que grésille matinalement mon poste de radio en ce jeudi 8 mars 2007. Ce n’est que le début de la journée de la bonne conscience, de l’hypocrite commisération envers la place faite à l’individu femelle dans la coquille des droits de l’homme. Une journée pour « célébrer » la femelle, et chouiner sur la lente évolution des mœurs. Une journée pour brailler « fâââmme » partout, et pour pouvoir les laisser se taire le lendemain et les 364 jours suivants. Une journée pour distinguer l’individu femelle… au nom de la lutte pour la parité ? Distinction au service d’égalisation… Contradiction ! Arpentant le bitume, j’ignorais ma singularité criante jusqu’à ce qu’une jeune demoiselle me tende ce même matin une rose cellophanée en l’honneur du Jour et de ma Condition. Refus poli suscitant la surprise de l’offrante oeuvrant à la différenciation. Anticonformisme mulotien, évidemment. Mais pas que. Même plutôt conformisme. Et surtout refus de cette différenciation, de porter ce signe distinctif qui ne sert aucunement une hypothétique marche vers l’égalisation. Souligner la différence, signer l’infériorité, cela creuse le gouffre que l’on veut louablement dénoncer. L’individu femelle ainsi affublé d’une rose est plus aisément repérable, peut être (la norme veut que la femelle aime les fleurs.) En tout cas l’individu est distingué. Et la distinction éloigne de l’universel et de l’égalisation. A moins que le Jardin des Fleurs[1] œuvre pour le compte du PS, cette opération – et plus largement cette célébration dégoulinante d’hypocrisie- creuse la logique de la différenciation au service d’une Cause qui la combat. Mignonne, laisse tomber ta rose, ton combat a une autre senteur… Celle d’une hypocrisie puante qui fait une fois l’an compter sur ses doigts avec application (en France, le nombre de femmes maires (10,9%), le nombre de femmes conseillers généraux (10,4%), le nombre de femmes députés (12, 3%), le nombres de femmes sénateurs (16,9%), etc.)[2], pour s’apitoyer sur la lenteur de l’évolution de la condition du sexe faible. Car ce n’est pas en l’affublant d’une fleur qu’il apparaîtra plus fort. Mais demain, au moins, on le laissera tranquille.


[1] A l’origine de l’opération dans le centre ville de Grignoble
[2] A voir aussi l’excellent article du dernier Plan B sur l’hypocrisie du PPA concernant la place des femmes dans les médias, celui ci les exaltant une fois l’an, sans jamais se fouler pour leur donner véritablement la parole le reste du temps.
Par Mulot - Publié dans : sociologiedecomptoir
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Lundi 26 février 2007 1 26 /02 /Fév /2007 15:38
 
Il est des domaines obscurs et abscons qui viennent à point légitimer les solutions d’urgence à des situations critiques et les soifs de reconnaissance. Le droit est de ceux-ci. La récente constitutionnalisation de l’abolition de la peine de mort ou le vote du droit au logement opposable en sont un témoignage. Juridiquement profondément inutile, quel autre fin poursuivait l’inscription de l’abolition de la peine capitale dans la constitution que la solennisation d’une fin de mandat peu reluisante. Le droit comme sauveur de face, comme outil de marquage historique. Et comme preuve supplémentaire que l’image d’une France Pays des droits de l’Homme n’est bien qu’une coquille vide (cf Le Poulet, le Jeune et le Héron). Mais aussi comme outil de comparaison peu favorable au Roi actuel. Celui ci ne faisant par là que poursuivre bien médiocrement l’œuvre impulsée par son prédécesseur. Peu importe, le prestige du domaine suffit. L’abolition est entrée dans le domaine du sacré. Le fait que son ancrage dans la constitution n’apporte strictement rien de nouveau est dérisoire face au poids du sacré (et donc d’un peu obscur) que permet le droit. Celui ci vient aussi miraculeusement au secours des situations de crise. « L’état d’urgence » face aux agitations de certaines zones géographiques (cf Le Poulet, le Jeune et le Héron), « le droit au logement opposable » face à une visibilité soudaine des « sans-domiciles ». De belles formules. Au service d’un droit comme pansement, qui cache la plaie, un temps, la protégeant des infections et d’une aggravation, mais qui ne la cicatrise pas aussi bien qu’un contact à l’air libre, qu’une prise avec le réel, et non avec les méandres du droit. Car qu’apporte le droit au logement opposable à la crise du logement ? La possibilité de se retourner contre l’Etat, certes, mais le sans logis ne risque t’il pas de se retourner contre un mur, si l’Etat n’engage pas un effort de construction de murs, justement ? Mais là encore, la solution à la crise est prestigieuse. Couteuse et absurde. Mais prestigieuse. Le Pays des Droits de l’Homme a inventé un nouveau droit. De quoi parfaire et solidifier la coquille vide. (« je m’appelle yoc yoc, je vis dans une coque, dans une coquille de noix »…)
Mulot, février 07
Par Mulot - Publié dans : sociologiedecomptoir
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 20 février 2007 2 20 /02 /Fév /2007 13:58

Loin de moi l'idée de vous asséner de définitions, mais je crois fort inutile et donc intéressant de revenir sur les propos de Mulot concernant "notre bon vieux" François, qui "a l'air gentil". Je ne reviendrai pas sur ma récente traversée du désert,mais si quand même car j'aime parler de moâ.Je me suis retirée durant quelques semaines sur les hauteurs tibétaines, conversant, par la pensée avec des moines shaolin. Je doutais en effet du Ségolisme ambiant.J'en arrivais même à me demander si ma voix n'allait pas chanter le doux nom de "Baillerou".Mais quand même. pas de charisme. J'ai connu des "centristes" (de droite) plus charismatiques, ou du tout du moins avec une personnalité plus marquée. Ces personnes qui vout disent "Bonsoir" solennelement lorsqu'elles s'en vont, et qui intègrent l'Academie...Mais François, que restera-il de lui??Une claque malencontreusement distribuée, comme seule réponse face à un rebel.Un bus au colza, sans doute en panne tous les 30 km. Si, comme Mulot l'a justement souligné, n'est charismatique que le chef. Il nous faut donc parler de "potentiel charismatique". Et nan je crois que François en est dépourvu."Mais tu votes pas pour une personne tu votes pour des idées!!"ahhh le pays des bisounours!!!le problème c'est que les Hommes politiques ne sont pas encore tous des robots (même si ça commence je l'accorde). La personnalité compte, surtout pour un Président.Il faut pouvoir en "imposer" pour peser.Et en cas de désaccord avec un collègue étranger, que fera Bayrou?Il deviendra tout rouge et finira par distribuer des claques?aie.Et un président fantome des Républiques précedentes, quel intérêt?

 Le centre n'est pas une mauvaise idée en soi, une sorte de tempérance, une sagesse digne des plus grands, ou bien une indécision totale, l'incapacité à pouvoir choisir "un" camp...idée qui devrait me séduire en tant que mouton de Panurge officiel.Mais justement, le centre prend souvent la forme que lui donne son "chef".Et l'actuel vacataire lui confère un aspect intéressant mais un peu mou. De plus, Bayrou est l'arbre aux grandes oreilles qui cache la forêt des véritables électeurs du centre: des gens de droite!!bah!!bouh!!! et oui, même si aujourd'hui c'est parait-il tendance de bien aimer Bayrou, n'oublions pas la base du centre.

Alors plutôt que de voter selon l'air du temps, finalement je voterai pour des idées et une personne qui, selon moi, sera capable de les concrétiser et qui aura assez de charisme pour nous entrainer dans son aventure.

 

Par Castor - Publié dans : sociologiedecomptoir
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Vendredi 16 février 2007 5 16 /02 /Fév /2007 18:54
« je voterai bien Bayrou, paske Ségo c’est du vent et pis Sarko un facho… Mais Bayrou, il a pas de charisme, jle vois pas Président. Tu l’imagines sur la scène internationale… ? » Voilà ce que le Mulot récolte ces derniers temps lorsqu’il s’immisce dans la sphère mouvementée de la discussion politique. Loin de moi l’ambition de poster un article pro-Bayrou, les seules incursions politiques faites ici répondant à l’exigence de l’esprit de contradiction bête et méchant qui règne sur la sociologie de comptoir version Mulot. Quittons les bassesses de la politique, l’enjeu est éminemment plus élevé évidemment. Car là encore c’est un mot qui est à la source de cette nouvelle session de sociologie de comptoir. Le mot charisme est largement galvaudé pour que Mulot s’insurge, en bon chantre du respect du sens des mots. L’ami Larousse est appelé, comme toujours. « Autorité d’un chef, ressentie comme fondée sur certains dons surnaturels, et reposant sur l’éloquence, la mise en scène, la fascination… ». Dès lors, tous les non-chefs peuvent aller se rhabiller. Acteurs, sportifs, vedettes et compagnies ne sont pas charismatiques. L’humain lambda peut il néanmoins prétendre à être charismatique ? Présence, aura, charme. Peut être. Mais pas charisme. Ces éléments en sont des composantes, mais ne suffisent pas. Il faut une foule, face au chef. Et du surnaturel, ou plutôt l’impression, la croyance en un pouvoir non rationnel. Avec ça, le chef charismatique rassemble et mène les foules. L’histoire aidant, Khomeiny, de Gaulle, ont été charismatiques. Dans d’autres contextes, un dictateur est aussi charismatique. Mais pour en revenir à François, est il légitime de l’accuser de manquer de charisme ? N’est il pas justement légitimement non charismatique ? Car que veut il incarner au juste ? Le centre. Le refus de la séparation entre gauche et droite, en perte de sens et brimant cruellement toute action politique efficace et durable. Par là même, incarnant le ni-ni, le milieu, comment peut il être « chef », et mener une foule ? Le chef du milieu ne peut d’autant moins être charismatique qu’en refusant le placement dans une des deux polarités, il ne se soumet pas à l’exigence de personnification du pouvoir qu’induit la tradition politique de notre chère et jolie Gaule. Et jouerait alors parfaitement le rôle d’arbitre qui sied constitutionnellement à tout président de la République. Alors, certes, il n’a pas de charisme, mais ses oreilles n’y sont pour rien.
Par Mulot - Publié dans : sociologiedecomptoir
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 15 février 2007 4 15 /02 /Fév /2007 16:56

 Les fonds de tiroir viennent nourrir la science dans cette période de disette inspirationnelle. Archive donc, puisque c’est du Parc qu’il s’agit. De quoi rompre la litanie des études sur l’aquarium Pipo.

o De la saine quête à la course au sacré

 Nous étions pourtant prévenus. Tous. Plus ou moins. Mais pas inconscients. Cela allait être dur. La quête du savoir rendrait-elle téméraire ? Assoiffés de connaissances et remplis d’espoir ! La contrepartie ? Le sacrifice de quelques mois de notre jeunesse…Oui mais pour un savoir immense ! Enfin connaître tout ce que l’on aurait du…mais que l’on ne nous avait pas appris avant. Enfin, vous allez être sauvés ! Ca ne se refuse pas ; et de toute façon , votre vie avant…médiocre…abandonnez-la sans crainte. Tous animés du même désir donc, mais… égaux pour autant ?Loin de là, et nous le comprendrons bien assez vite. Pourtant…,ne nous assène-t-on pas dès le début que nous formons « l’élite » ? Elite modeste, certes, qui sourit lorsqu’on lui dit cela. Mais qui n ‘est pas peu fière de se coller l’étiquette «je bosse pour bosser ». Et rien d’autre. Privilégié, je n’ai pas besoin de travailler, j’étudie ! Mais le tripalium n’est pas loin…plaignez-moi quand même, je ne fais que bosser ! Double privilège : j’ai la chance de ne faire qu’étudier et j’ai pour ça toutes les raisons de me plaindre !Sans oublier que je vais être sauvé !Au milieu de la masse issue du système scolaire, nous avons été choisis, sélectionnés, calibrés…nous sommes l’élite !Ils en sont convaincus, mais oublient de préciser que tout nous reste à prouver. Quel contraste entre ce discours élogieux (qui fait frémir de bonheur (modeste, modeste…) les oreilles de ces brebis de qualité supérieure) et ceux des longs mois suivants ! De quoi égarer quelques brebis en route, certes, mais tant que la crème de la crème de la qualité supérieure reste docile, peu importe. Le troupeau de qualité supérieure quitte donc le marasme scolaire pour quelque chose de supérieur à tout. Petit thyron, n’oublie pas que tu l’as choisi ! Responsables de notre choix, même si l’endroit où l’on pénètre est clos et nombriliste . Nous nous devons d’assumer notre choix. Réflexe défensif : « je vais essayer, tant pis si je n’y arrive pas »…S’attendre, se tester, tout en restant modeste et prêt à abandonner ce qui faisait pourtant déjà notre fierté (« je suis en prépa au Parc… »). C’était bien la dernière fois que tu t’écoutais vraiment en disant cela petit thyron ! L’après ne sera plus pareil : fuis vite, après tu ne pourras plus sortir et tu ne t’en rendras pas compte ! Nous serons sauvés, enfin. Mais ne peut-on être sauvé et garder sa faculté de penser par soi-même (la conscience critique si chère à Mamik…) ? non mais, le beurre et l’argent du beurre ! Nous sommes privilégiés, ne l’oublions pas. Et quelques semaines plus tard, la formulation de notre aliénation ne se fait pas attendre : « il faut être docile » miaulera notre directeur de conscience. Aliène ton libre-arbitre, abandonne ta vie, remets-toi aux mains de ton Sauveur qui se dit capable de satisfaire ta quête de connaissances : soyez dociles (de doceo, qui se laisse enseigner) ! Le sacrifice, voilà le maître-mot :sacrificium, qui fait du sacré. Sache déjà petit thyron qu’il y a évidemment toujours un petit sacrifice dans chaque texte littéraire (voilà un élément pour satisfaire ta quête : notre Sauveur nous apprend ce que veut dire la littérature (cette année, le théâtre sera aune lingette Monsieur Propre et le sonnet une barre énergétique)) ; et puis aliène tout ce que tu peux, en sacrifiant ta liberté tu fais du sacré, cela est inestimable ! Le sage réflexe défensif du « je vais essayer… » ne tient plus dès que l’ensemble du troupeau converti sa quête au premier commandement. Concurrents dans la docilité, qui produira le plus de sacré ?La copie brillante, seule concrétisation reconnue par l’institution de l’avancée de la quête. « Le tout est de faire une copie brillante » immortalise un mur (salle 722)…

o Les brebis, le chat, et la vache sacrée

Un troupeau conséquent, qui peine à fermer la porte de la salle. Pas assez de chaises pour accueillir l’élite calibrée qui a son premier rendez-vous avec son directeur de conscience. Nous partîmes cinquante et nous revînmes trente-cinq. La formule est facile, mais le « bateau hypokhâgne » a laissé visiblement des brebis derrière lui (et peut-être même parmi les survivants ?). Les yeux rivés à celui qui se veut notre Sauveur, où va l’élite ? Elle commence déjà, pour certains (semblables et non égaux !) à se décomposer. Le choc est rude. Première apparition de la rengaine « ils savent tout et je ne sais rien ! », certes adoucie par l’espoir que le mal sera vite réparé : n’ont-ils pas l’intention de me sauver (aïe, le processus d’individualisation-différenciation est déjà en marche) ? Miaulement mielleux rassurant de notre directeur de conscience : nous n’avons pas à nous inquiéter. Certains ont l’impression de ne rien savoir, c’et normal, ici, on va apprendre. Enfin. Déstabilisés mais rassurés. L’ampleur de la quête est plus vaste que nous le croyions, …mais on est là pour apprendre. La motivation est à son comble. La carotte ? Le savoir enfin délivré. « Oui mais tous ces gens qui savent tout, comment je vais faire pour les rattraper ? » Au boulot petit thyron, tu viens de découvrir l’ignorance, … et la motivation paradoxale qui vient avec. « Ne t’attardes pas à l’ornière des résultats » (René Char) : voilà l’exergue qu’a choisi notre directeur de conscience. Ou comment entraîner le troupeau docilement dans l’engrenage : découverte de l’ignorance-travail illimité nécessaire-compétition du meilleur producteur de sacré… Autre commandement. Il ne suffit pas de gérer (de cacher ?) et de combler ton ignorance, petit thyron, il faut le faire avec méthode. Sacré parmi les sacrés, la vache-méthode. Non tu ne toucheras pas la vache sacrée de si tôt. Tu crois que l’on va te l’apprendre ? Que nenni ! This is your duty my dear !, désarticuleras Greg. Mais ça, tu ne peux pas encore le comprendre petite brebis de qualité supérieure. Car la notice de sauvetage ne comporte pas de clause indiquant l’enseignement d’une méthode : le savoir que l’on te propose comporte une autre dimension sacrée : ce n’est qu’une matière (mais attention, une matière d’une qualité rare, les gardiens du temple ne sont pas n’importe qui !), qui ne se saborde pas par l’apprentissage d’une méthode. La matière ne s’aborde pourtant que grâce à cette méthode…mais tu ne la trouveras pas ici petit thyron, tu dois déjà l’avoir en poche…Quelques indices tout de même…Soumission à la langue anglaise si articulée qu’elle en devient désarticulée. Chaque brebis note each word, pour sauver l’apparence au moins…

Mulot, Juillet 2005

Par Mulot - Publié dans : sociologiedecomptoir
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 24 janvier 2007 3 24 /01 /Jan /2007 15:56
 
 
« Le plus beau métier du monde », selon la formule consacrée… Le métier de prof est l’objet de toutes les emphases seyant aux missions sacerdotales. Ou des plus vives critiques (« tous des feignants »). Mais en tant que modeste étudiante, et côtoyant cette espèce sans discontinuer depuis ma tendre enfance, c’est le Métier, la Mission qui m’interpelle. Non pas pour juger et trancher d’après mes expériences de disciple entre la Foi et la Flemme. En bonne sociologue de comptoir, j’ai appris à nuancer mon propos, à ne jamais affirmer mais à supputer. Il semblerait donc que Nostre cher Ministre de l’Education ait fait aussi preuve de sa foi. Et de sa capacité à maîtriser l’art lancer de débat caduc et la manipulation du pétard mouillé. La première victime fut la lecture. Ou comment interdire pour la forme. Les profs ne suivent majoritairement plus la méthode syllabique, mais la méthode globale. Peu importe, Gillou il veut imposer l’interdiction de l’enseignement de la première (un centriste autoritaire ? Mais bon sang, le centrisme se perd !!). Et puis comme cela ne suffisait pas, il a fait de même avec le deuxième mamelle de l’enseignement primaire, les maths. Foi en la tradition et retour aux fondamentaux. Méthode globale et calcul mental. Pourquoi pas. Quoique moi je survis bien dans l’aquarium Pipo sans connaître mes tables. Au delà des pétards mouillés de Gilles, c’est la définition du Métier qui m’interpelle. Le Prof n’est il bon qu’a être un régurgiteur de programme ? Un automate ? L’ennui tue la quête du savoir. Le savoir a t’il un sens s’il l’homme ne peut lui donner une corporéité ? Innover, incarner son enseignement, le faire vivre. Sans pour autant céder à l’appel du cotillon (cf La tyrannie du fun), qui pervertit l’objet de la quête, la connaissance. Le prof qui manie les cotillons amuse mais n’enseigne pas. L’incarnation de la matière est à elle seule provocatrice d’intérêt, et balaie les confettis. Voilà pourquoi je ne peux trancher entre la Flemme et la Foi. Car si Foi il y a, elle se conjugue sans peine avec la Flemme, celle qui fait que le savoir de celui qui l’incarne s’impose de lui même, sans efforts et sans cotillons.
Par Mulot - Publié dans : sociologiedecomptoir
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus